Taxonomie des Procaryotes
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Myxococcales, Ordre VIII des Delta-Proteobactéries,
Classe IV des Proteobactéries, Phylum XIII du Domaine Bacteria
  CI. Methanobacteria
CII. Methanococci
CIII. Methanomicrobia
  CIV. Halobacteria
CV. Thermoplasmata
CVI. Thermococci
CVII. Archaeoglobi
CVIII. Methanopyri
CIX. Nanoarchaeota
AIV. Nanoarchaeota
AV. Thaumarchaeota
 
   
   
   
   
    OVI. Rhizobiales
    OVII. Kordiimonadales,
OVIII. Parvulaculales
OIX. Sneathiellales
  CII. Beta-Proteobacteria
   
   
 
   
    OIII. Xanthomonadales
OIV.Cardiobacteriales
   
   
   
   
   
 
   
   
    OIV.Desulfomonadales
OV.Desulfarcales
   
   
 
   
   
  CVI. Zeta-Proteobacteria
 
    OI_1. Clostridiales
    OI_2. Clostridiales
    OII. Thermanaero-bacteriales
    OIII.Halanaerobiales
OIV.Natranaerobiales
  CII. Negativicutes
 
    OI. Bacillales
    OII. Lactobacillales
  CIV. Thermolithobacteria
  CV. Erysipelotrichi
  SCI. Acidimicrobidae
SCII. Rubrobacteridae
SCIII. Coriobacteridae
  SCIV. Actinobacteridae
SOI. Actinomycinae
SOII. Micrococcinae
  SOVII.Corynebacterinae
SOVIII.Micromonosporinae
  SOIX. Propionibacterinae
SOX. Pseudocardinae
  SOXI. Streptomycinae
SOXII.Streptosporanginae
  SOXIII. Frankinae
SOXIV. Glyomicinae
SOXV. Catelunisporinae
  OII. Bifidobacteriales
SCV. Nitriliruptoridae
 
 
 
 
BXXVIII. Caldiserica
BXXIX. Elusimicrobia
BXXX. Armatimonadetes
   

















1. Propriétés des Delta-Proteobactéries

Fonctions: fermentaires, saprophytes, sulfo- et sulfato-réducteurs, fixateurs d ’azote, syntrophes
Morphologie: coques, vibrions, bâtonnets, spirilles
Croissance: aérobies, anaérobies facultatifs ou stricts, mésophiles et thermophiles
Nutrition: chimio-organotrophes
Habitat: ubiquistes

2. Taxonomie des Myxococcales

Classe IV. Delta-Proteobacteria

Ordre I. Desulfurellales Ordre II. Desulfovibrionales
Ordre III. Desulfobacterales
Ordre IV. Desulfuromonadales
Ordre V. Desulfarcales Ordre VI. Syntrophobacterales
Ordre VII. Bdellovibrionales

 

Ordre VIII. Myxococcales

Sous-Ordre I. Cystobacterineae

Famille I. Cystobacteraceae: Cystobacter, Anaeromyxobacter, Archangium, Hyalangium, Melittangium, Stigmatella

Famille II. Myxococcaceae: Myxococcus, Angiococcus, Corallococcus, Pyxidicoccus

Sous-Ordre II. Nannocystineae

Famille I. Nannocystaceae : Nannocystis, Enhygromyxa, Plesiocystis

Famille II. Haliangiaceae : Haliangium

Famille III. Kofleriaceae : Kofleria

Sous-Ordre III. Sorangiineae

Famille I. Polyangiaceae: Polyangium, Byssophaga, Byssovorax, Chondromyces, Haploangium, Jahnella, Sorangium

Famille II. Phaselicystidaceae : Phaselicystis

Famille III. Sandaracinaceae : Sandaracinus

Ordre non classé

Famille III. Syntrophorhabdaceae: Syntrophorhabdus

Delta-proteobacteria non classées : Algorimarina

 

3. Description des genres

Classe IV. Delta-Proteobacteria

 

Ordre VIII. Myxococcales

C'est un groupe phylogénétiquement uniforme composé de bactéries unicellulaires, Gram négatif, glissantes, en forme de bâtonnets de 3 à 6 microns produisant des fructifications et des myxospores. Leur ADN comprend 66 à 72 mol % de G+C. Il y a deux types de cellule végétative : des bâtonnets minces et flexibles à extrémités effilées, ou cylindriques et rigides à bouts arrondis. Les processus morphogénétiques entraînant la formation de fructifications et myxospores font des myxobactéries les procaryotes les plus sophistiqués connus jusqu'à présent. Ils sont l'objet de très nombreuses recherches comme système modèle pour l'étude des mécanismes de développement.
 
 


Fig. 13.  Schéma des différents genres de myxobactéries:
1, 1’ myxospores; 3 Myxococcus;
3’ Corallococcus;
3‘’ Angiococcus; 5 Archangium;
6 Cystobacter;
6’ Melittangium; 10 Sorangium;
10’ Polyangium;
11 Chondromyces; 12 Haploangium;
12’ Nannocystis.
D'après Reichenbach & Dworkin (1981) in The Prokaryotes, vol 1,
M.P. Starr et al. eds., Springer-Verlag pub., p. 346.

Dans les cas les plus simples, les fructifications sont des amas de mucus dans lesquels sont noyés les myxospores. Les myxobactéries les plus complexes produisent leurs spores dans des sporangioles isolés ou en groupes, sur le substratum ou connectés à des tiges de mucus simples ou branchées. Les fructifications de certaines espèces sont extrêmement complexes et ont été confondues assez longtemps avec celles de champignons.

La formation des fructifications intervient en plusieurs étapes : induction de cellules spécialisées, agrégation de ces cellules, groupement de cellules dans la masse originelle indifférenciée, production d'éléments structuraux spécifiques (tige de mucus, paroi de sporangiole), formation de la myxospore pendant la phase de maturation, le tout en 12 à 24 h (Fig. 13, 14, 15). Ce processus dépend des facteurs de l'environnement. Sous conditions naturelles, les myxospores ne sont produites que dans les fructifications. Mais au laboratoire, la morphogénèse cellulaire peut être induite par des composés chimiques dans une suspension cellulaire.

La fonction des myxospores est d'assurer la survie du microorganisme lorsque les conditions de milieu deviennent défavorables. Le rôle des fructifications est moins évident ; cette association de cellules en communauté pourrait améliorer l'efficacité des enzymes extracellulaires comme les cellulases. Les myxobactéries sont séparées en deux groupes physiologiques : le groupe 1 est cellulolytique et le groupe 2 est protéolytique. La plupart sont pigmentées par des caroténoïdes. Le mucus excrété est de type polysaccharidique. On pense que ces microorganismes jouent un rôle important dans la nature en solubilisant les grosses macromolécules, les carcasses cellulaires et autres détritus biologiques.

Fig. 14. Représentation schématique des fructifications de myxobactéries
et de leurs composantes structurelles.
D'après Reichenbach & Dworkin (1981) in The Prokaryotes, vol 1,
M.P. Starr et al. eds., Springer-Verlag pub., p. 331.

Fig. 15. Représentation schématique de la morphogénèse chez les myxobactéries ( Les fructifications et les cellules ne sont pas à l’échelle).
D'après Reichenbach & Dworkin (1981) in The Prokaryotes, vol 1,
M.P. Starr et al. eds., Springer-Verlag pub., p. 332.

Sous-Ordre I. Cystobacterineae

Famille III. Cystobacteraceae

Fructifications: sporangioles avec membrane externe distincte, souvent avec pédoncule. Myxospores: bâtonnets courts et trapus. Cellules végétatives: bâtonnets fins à bouts effilés.

Cystobacter (G. cystis, vessie; L. bacter, bâtonnet)

Fructifications: groupes de sporangioles directement insérés dans une enveloppe de mucus commune transparente ou recouverts par une mince couche de mucus. Trois espèces, dont Cystobacter fuscus.

Anaeromyxobacter

Bâtonnets étroits (0,25 x 4-8 microns) mobiles par glissement. Les extrémités présentent des structures de pili et forment périodiquement des  excroissances. Des cystes réfractiles sont visibles dans les cultures âgées. Gram négatif. Colonie rouge, ronde, élevée, avec un diamètre de 1-2 mm après 15 jours d'incubation. Anaérobies facultatifs croissant en présence de faibles concentrations d'oxygène, de nitrate (réduit en ammoniaque), fumarate, 2-chlorophénol (2-CPh), 2-bromophénol et 2,6-dichlorophénol (2,6-DCP) comme accepteurs d'électrons. Le 2-CPh est le meilleur substrat pour l'halorespiration (temps de division de 12 h). Acétate, succinate, pyruvate, formate et H2 sont utilisés comme doneurs d'électrons. Les cellules croissent par complète oxydation du doneur d'électrons organique en CO2. Croissance optimale à 30°C et pH 7. Une seule espèce isolée de sédiments boueux aux USA, Anaeromyxobacter dehalogenans.

Archangium (G. arche, primitif; G. angium, receptacle)

Fructifications: masses irrégulières de mucus dans lesquelles sont produites les myxospores; pas de membrane externe. Forme de coussins avec bourgeons ou de cerveau en surface, ou de crêtes avec méandres et protubérances en forme de doigt. Cellules végétatives: longs bâtonnets effilés. Myxospores: bâtonnets courts et trapus, en forme de haricot ou sphériques. Un seul genre.Espèces difficiles à distinguer en raison de la variabilité des fructifications. Une seule espèce reconnue, Archangium gephyra.

Hyalangium (G. hyalos, verre; G. angium, récipient)

Cellules végétatives délicates, bâtonnets fins aux extrémités pointues (0,6-0,7 x 3-6 microns). Les corps fructifères sont de petites sporangioles sphériques (35-45 microns de diamètre) qui sont souvent vides et paraissent transparentes comme du verre; elles sont en plaques denses ou souvent en chaînes. Les myxospores sont de courts bâtonnets ou des sphères irrégulières, optiquement réfractaires. Les colonies sont étalées avec une fine couche de mucus veiné; elles absorbent le rouge congo en donnant une couleur rouge pourpre. Groupe nutritionnel protéolytique-bactériolytique. Une seule espèce, Hyalangium minutum.

Melittangium (G. melitta, abeille; G. angium, récipient)

Fructifications: petits sporangioles localisés sur des pédoncules fragiles, bien isolés. Trois espèces, dont Melittangium boletus.

Stigmatella (L. stigmatis, marque; L. ella, diminutif)

Fructifications : sporangioles ovoïdes, lourds, brun foncé, sur un pédoncule commun ou isolés mais en groupes denses. Deux espèces, dont Stigmatella aurantiaca.
 
 

Stigmatella aurantiaca (cycle végétatif et sporanges)
Extrait du site: http://www.bact.wisc.edu/Bact303/MajorGroupsOfProkaryotes

 

Famille II. Myxococcaceae

Cellules en forme de bâtonnet à bouts effilés de 3,5 à 7 microns de long et 0,6 à 0,8 micron de large. Les amas cellulaires restent fins, avec une surface striée radialement et ridée, et une bordure présentant des franges délicates et des protubérances en forme de flammes. Les myxospores sont produites par les cellules végétatives qui changent de forme pendant le processus. Elles présentent une enveloppe. Les myxospores sont sphériques ou ovoïdes à surface lisse et paroi épaisse, de 1,2 à 2,5 microns. Les cellules végétatives ont une forme de cigare ou de bateau. Les fructifications sont des amas, des colonnes ou des crêtes, souvent branchées.

Myxococcus (G. myxa, mucus; G. coccus, coque)

Fructifications en forme de têtes sphériques muqueuses et molles ou de gouttes d'eau, souvent ressérées à la base. Sept espèces dont Myxococcus fulvus.

Angiococcus (G. angium, réceptacle) Fructifications: minuscules sporangioles avec une membrane externe individualisée. Une seule espèce brune, Angiococcus disciformis.

Corallococcus

Cellules végétatives : bâtonnets fins aux extrémités pointues (0,6-0,8 x 3-8 microns). Les corps fructifères sont très variable en forme, couleur et dimension: pustules, crêtes, plaques et disques irréguliers, souvent avec des projections en forme de doigt, ou élevés et coralloïdes, d'une consistance cartilagineuse. Les myxospores sont sphériques ou ellipsoïdes, souvent irrégulières, de 1,3-2,4 microns de diamètre. Les colonies sont étalées et typiques de la famille. L'organisme n'utilise pas les mono- et disaccharides mais peut dégrader les polysaccharides tels que l'amidon en tri- et oligosaccharides qui peuvent être métabolisés. ADN: 66-68 mol % G+C. Trois espèces isolées d'habitats défavorables comme haute montagne ou désert, dont Corallococcus coralloides.

Pyxidicoccus (G. pyxis, boîte, case, container)

Cellules végétatives : bâtonnets fins aux extrémités pointues (0,7-0,8 x 3-8 microns). Les corps fructifères sont des sporangioles plus ou moins sphériques, avec une paroi externe distincte, groupées en sores de différentes tailles. En culture, des corps fructifères dégénérés ressemblant à ceux de Corallococcus coralloides peuvent être produits. Les myxospores sont sphériques, souvent déformées, optiquement réfractaires, de 1,4-1,8 microns de diamètre (quelque fois jusqu'à 2,4 microns). Les colonies typiques de la famille sont étalées, luisantes, ondulées. Groupe nutritionnel de type protéolytique-bactériolytique. ADN: ? mol % G+C. Une seule espèce isolée du sol, Pyxidicoccus fallax.
 
 

Sous-Ordre II. Nannocystineae

Famille I. Nannocystaceae

Nannocystis (G. nannos, nain; G. cystis, vessie)

Fructifications : sporangioles fragiles, solitaires, ovoïdes ou sphériques, produits en grand nombre directement sur le substrat. Myxospores sphériques, cellules végétatives souvent courtes, épaisses, cubiques. Deux espèces, mais les plus communes des myxobactéries, dont Nannocystis exedens.

Enhygromyxa (G. enhygro, vivant dans des habitats humides; G. myxa, boue)

Bâtonnets droits à extrémité ronde et émoussée, de type Sorangium. Myxospores sphériques de 0,5-0,7 micron de diamètre. Les cellules végétatives glissent sur les surfaces solides pour se concentrer à la périphérie. Les corps fructifères sont orange à brun-orangé. Ils sont agrégés de façon solitaire, avec une fine paroi. Gram négatif. Aérobies stricts, chimio-organotrophes. Oxydase et catalase  positives . Mésophiles, neutrophiles et faiblement halophiles. Hydrolysent la caséine et la gélatine. Quinone majeure MK-7. Croissance entre 5 et 34°C (opt. 28-30°C), pH 5,5-9 (opt. 7-8,5) et 1 à 40 g/l de NaCl (opt. 10-20 g/l). ADN : 65-67 mol % G+C. Une seule espèce, Enhygromyxa salina, isolée de la côte japonaise du Pacifique.

Plesiocystis (G. plesion, voisin ; G. cystis, vessie)

Bâtonnets droits à extrémité ronde et émoussée, de type Sorangium. Myxospores sphériques de 0,5-0,7 micron de diamètre. Les cellules végétatives glissent sur les surfaces solides pour se concentrer à la périphérie. Les corps fructifères sont rosâtres à brun-orangé. Ils sont agrégés de façon solitaire, sans paroi distincte. Gram négatif. Aérobies stricts, chimio-organotrophes. Oxydase positive et catalase faiblement positive ou négative. Mésophiles, neutrophiles et faiblement halophiles. Hydrolysent la caséine et la gélatine. Quinone majeure MK-8(H2). Croissance entre 15 et 32°C, pH 5,5-9 (opt. 7-8,5) et 10 à 40 g/l de NaCl (opt. 20-30 g/l). ADN : 70 mol % G+C. Une seule espèce, Plesiocystis pacifica, isolée de la côte japonaise du Pacifique.

Famille II. Haliangiaceae

Haliangium (G. halios, marin; G. angion, navire)

Les cellules végétatives sont des bâtonnets aux extrémités émoussées (0,5-0,6 x 3-8 microns), Gram négatif, mobiles par glissement sur surfaces solides comme l'agar. Colonie jaune étendue et faiblement incrustée. Les corps fructifères sont jaunes à bruns et consistent en une ou plusieurs sporangioles sessiles (15-150 microns) en amas denses. Aérobies stricts et halophiles modérés exigeant 10 à 30 g/l de NaCl pour une croissance optimale. Croissance jusqu'à 60 g/l NaCl. Oxydase faiblement positive. Hydrolysent amidon, ADN, caséine et gélatine. Quinone respiratoire majeure MK-8. ADN: 67-69 mol % G+C. Deux espèces marines dont Haliangium ochraceum.

Famille III. Kofleriaceae

Kofleria (Ludwig Kofler, microbiologiste autrichien)

Cellules végétatives en bâtonnets cylindriques fins à extrémités rondes (0,6-0,7 x 4-6 microns). Colonies étalées jaune-verdâtre, avec veines radiales sur une couche de mucus visqueux, avec de nombreuses petites à très grosses masses globulaires (de 40-120 microns de diamètre) ou protubérences (200-600 microns) sur toute la surface. N'absorbent pas le rouge Congo. Les corps fructifères n'ont jamais été observés mais apparaissent comme des sporangioles. Les cellules à l'intérieur des protubérences sont des bâtonnets longs, cylindriques, optiquement vides. Groupe nutritionnel de type protéolytique-bactériolytique. Dégradent la chitine. ADN : ? mol % G+C.Une seule espèce isolée du sol, Kofleria flava.

Sous-Ordre III. Sorangineae

Famille I.Polyangiaceae

Cellules en bâtonnets cylindriques, épais, parfois cubiques, à bouts ronds, 2,5 à 6 microns de long et 0,6 à 1 micron de large. Les amas de cellules sont compacts avec une surface moins ridée que l'autre famille. Les bords sont constitués par des amas de cellules ou des groupes sphériques. L'essaim a tendance à pénétrer l'agar sous forme de petites crevasses ou trous profonds. Les myxospores sont différentes des cellules végétatives par leur forme et ne possèdent pas d'enveloppe. Plusieurs espèces sont cellulolytiques. Fructifications : plusieurs sporangioles groupés ou sporangioles solitaires.

Polyangium (G. poly, plusieurs; G. angium, receptable)

Fructifications : sporangioles plus ou moins sphériques, jaune, orangé, brun ou gris. Plusieurs d'entre eux sont enrobés dans une enveloppe de mucus commune et translucide. Dix espèces, dont Polyangium vitellinum.

Byssophaga (G. byssos, fine toile de lin; G. phagein, manger)

Bâtonnets droits à extrémités rondes (1,2-1,5 x 4-6microns),. Les colonies étalées consistent en un assemblage de cellules de type pseudoplamode migrant indépendamment. Couleur rouge sang. Les myxospores ressemblent aux cellules végétatives mais sont optiquement réfractaires. Les corps fructifères sont des sores de sporangioles rondes à polyédriques. Ne prennent pas le rouge congo. Cellulolytiques. Croissance optimale à 30°C. ADN : 70 mol % G+C. Une seule espèce, Byssophaga cruenta, isolée du sol.

Byssovorax  (G. byssos, coton; L. vorax, vorace)

Cellules végétatives cylindriques à extrémité ronde (0,9-1,1 x 3,5-7,5 microns), mobiles par glissement. Les colonies en essaim sont de nombreux petits pseudoplasmodes rouge foncé, de taille variable (200-2800 x 2600-800 microns), souvent branchés et qui peuvent se contracter en masses en forme d’anneaux (350-500 microns de large), de larges protubérances (250-600 microns) ou de coupes (800 microns  de large et 300 microns  de haut) qui ne représentent cependant pas des corps fructifères. Les rares corps fructifères sont des sporangioles plus ou moins sphériques de 80-140 microns de diamètre, rouges, avec une paroi distincte, disposés en amas denses ou en sores de 200-600 microns de diamètre. Les myxospores ressemblent aux cellules végétatives  mais sont plus renflées (1,5-1,7 x 3,3-5 microns) et optiquement réfringentes. Aérobies stricts, chimio-organotrophes. La cellulose cristalline (papier filtre) est complètement dégradée.  Les sucres sont requis pour la croissance. Hydrolysent la chitine et l’amidon. Croissance optimale à 30°C (26-38°C) et pH 7,2. ADN : 70 mol % G+C. Une seule espèce isolée du sol, Byssovorax cruenta.

Chondromyces (G. chondrus, cartilage; G. myces, champignon)

Fructifications : groupes de sporangioles orangés portés par un pédoncules épais, branché ou non. Cinq espèces présentant les fructifications les plus belles et les plus complexes des myxobactéries, dont l’espèce type Chondromyces crocatus.

Haploangium (G. haplos, simple; G. angeion, vase)

Cellules végétatives en bâtonnets cylindriques à extrémités rondes (0,7 x 3,5-4,5 microns). Le corps fructifère est une seule sporangiole. Les myxospores ressemblent aux cellules végétatives. ADN : ? mol % G+C. Deux espèces isolées sur l'écorce d'arbres variés aux USA, dont Haploangium rugiseptum.
 

Jahnella (E. A. W. Jahn, microbiologiste américain)

Cellules végétatives en bâtonnets cylindriques à extrémités rondes (0,7-0,9 x 3-8 microns). Les corps fructifères sont des rouleaux de sporangioles jaune-orangé à brun-rouge, reposant sur un coussin de mucus ou une tige de mucus. Les myxospores ressemblent aux cellules végétatives mais sont optiquement vides. ADN : ? mol % G+C. Une seule espèce isolée du sol, Jahnella thaxteri.
 

Sorangium (G. soros, amas; G. angeion, vase)

Cellules végétatives en bâtonnets cylindriques à extrémités rondes et parfois carrées (0,8-1,2 x 3-8 microns). Les corps fructifères sont des sporangioles sphériques à polyédriques, en sores de différentes tailles, de couleur jaune, orangé, brune ou noire, mais jamais rouge. Les myxospores ressemblent aux cellules végétatives mais sont optiquement vides. Cellulolytiques. ADN : 70-72 mol % G+C. Une seule espèce isolée du sol, Sorangium cellulosum.

Famille II. Phaselicystidaceae

Phaselicystis (L. phaselos, haricot comestible ; G. cystis, vésicule)

Cellules végétatives : bâtonnets longs et cylindriques (1,0-1,5 x 3,5-10,5 microns), aux extrémités émoussées typiques de la famille des Polyangiaceae, mobilité par glissement sur la surface de l’agar en longues veines radiales et fines. Colonie négative au rouge congo. Myxospores réfractiles, en forme de bâtonnets fins (1,0-1,2 x 3,2-4,0 microns), plus courtes que les cellules végétatives, produites dans un sporange jaune d’or. Corps fructifères ovoïdes, jaune d’or, en forme de saucisse ou de haricot, produisant des sporangioles groupées en chaînes, en amas plats ou solitaires. Extrait de levure non dégradé. Exhibent un type de nutrition bactériolytique. Bonne croissance sur quelques sucres. ADN : 69 mol % G+C. Une seule espèce isolée d’un sol des Philippines, Phaselicystis flava.

Famille III. Sandaracinaceae

Sandaracinus (G. sandaracinos, coloré en orange)

Les cellules végétatives (0,7-1,0 x 3,0-6,4 microns), sont des bâtonnets avec des extrémités rondes émoussées (de type Sorangium). Les cultures sur milieu riche sont colorées en jaune-orangé. Produisent des légères dépressions ondulées sur P-agar. Des agrégats dispersés et sessiles tels des fructifications sur agar, portent des cellules réfractaires ressemblant à des myxospores, qui sont plus courtes que les cellules végétatives. Les agrégats peuvent également se rencontrer légèrement enfoncés dans l’agar, sans que des sporangioles ou des membranes recouvrent ces myxospores. Dans les cultures âgées, des agrégats ressemblant à des sporangioles peuvent être produits, mesurant 50-150 microns de large et brun-orangé. Colonie orangé vif à transparente. Aérobies stricts, chimio-organotrophes, mésophiles, oxydase et catalase positives. Agar non liquéfié. Cyanocobalamine essentielle pour la croissance. Nutrition de type bactériolytique et non cellulolytique. Utilisent extrait de levure, glutamate, amidon et maltotriose. Utilisent comme source d’azote nitrate, L-glutamine, L-asparagine, L-arginine, L-aspartate, L-lysine et glutamate, et faiblement sulfate d’ammonium. Produisent des acides gras polyinsaturés gamma-linolénique et homo-gamma-linolénique. Croissance optimale à 30°C (20-44°C) et pH 6,5-8,0 (5,5-9,5). ADN : 67 mol % G+C. Une seule espèce isolée d’un jardin botanique en Inde, Sandaracinus amylolyticus.

Ordre non classé

Famille I. Syntrophorhabdaceae

Syntrophorhabdus (G. syn, avec; G. trophos, qui nourrit; G. rhabdus, bâtonnet)

Bâtonnets fins (0,4-0,8 x 1,2-2,5 microns), non mobiles, Gram négatif, non sporulés. Bâtonnets épais sur phénol (1-2 x 1,2-3 microns). Anaérobies stricts. Accepteurs d'électrons: anthraquinone-2,6-disulfonate mais pas sulfate, sulfite, thiosulfate, nitrate, nitrite, soufre élémentaire ou fer ferrique. Donneurs d'électrons en association syntrophique avec méthanogènes: composés aromatiques comme le benzoate, phénol, p-crésol, isophthalate et 4-hydroxybenzoate . Croissance optimale à 35-37°C (25-37°C), pH 7,0 (6,6-7,4) et 0-12, 5 g/l (<15 g/l) NaCl. Une seule espèce isolée d’un digesteur UASB traitant des effluents d'une usine d'acide téréphthalique, Syntrophorhabdus aromaticivorans.
 

Delta-proteobacteria non classées

Algorimarina (L. algor, le froid ; L. marina, marin)

Bâtonnets isolés ou en courtes chaines, mobiles par un flagelles polaire, non sporulés, Gram négatif. Présence de membranes lamellaires et parfois de vésicules dans le cytosol. Ces membranes sont fréquemment utilisées pour maximiser les réactions bioénergétiques ou aligner les enzymes pour les réactions métaboliques complexes, mais leur action n’a pas été déterminée chez cette bactérie. Colonie jaune pâle formée après 7-8 mois à 15°C. Anaérobies stricts oxydant les acides monocarboxyliques tels le butyrate ou l’iso-butyrate et en syntrophie avec des méthanogènes hydrogénotrophes par transfert interespèce d’H2. Psychrotolérants, croissance uniquement sous 25°C, à pH 6,2-7,1 (>5,7-<7,6). Une seule espèce, Algomarina butyrica, isolée d’un sédiment marin anaérobie peu profond d’Alaska.

 

 

 

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